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Quand l'éloquence est dans le geste
Kader Attou vient d'être nommé à la direction du Centre Chorégraphique National de La Rochelle. Rencontre, échange et partage caractérisent la danse et la démarche de ce jeune chorégraphe défenseur de valeurs généreuses
Kader Attou serait-il un enfant de la télé ? Derrière cette question, faussement provocatrice,se cache une réalité qu'il ne tarde pas à éclaircir.
« J'ai découvert la danse Hip-Hop par les médias. Dans les années 80, je regardais l'émission de Sidney (pionnier du Hip-Hop en France). A la fin, il y avait une leçon de danse. Après, on descendait et essayait de refaire ». La télé a donc parfois du bon.
Kader est né à Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, de parents immigrés d'Algérie. Rien dans son environnement ne le prédestinait à la danse. Pourtant, il ressent très tôt le besoin de s'exprimer par le corps. A 8 ans, il entre à l'Ecole de Cirque de Saint-Priest. 10 ans plus tard, il rencontre Maryse Delente. C'est son premier contact avec la danse contemporaine. Il complètera sa formation avec Joseph Nadj ou Maguy Marin, autres grands chorégraphes. Très vite, il s'attache à développer cette forme d'art que constitue le Hip-Hop contemporain. En 1989, il fonde Accrorap, un collectif qui deviendra Compagnie en 1994. « C'est une particularité française, une danse d'auteur avec de vraies signatures qui va au-delà de la performance. Une danse de l'appropriation en évolution constante. On s'est approprié les choses : danse, mime, gymnastique. Je ne danse pas pour plaire. Je veux défendre des valeurs ». Ni démagogue ni élitiste, Kader privilégie la rencontre. «Nous sommes nous-mêmes le fait d'une rencontre. C'est dans la différence qu'on se construit. Je veux que ma danse soit dans ce rapport aux êtres et aux choses».
Kader, heureux papa d'une petite fille de 3 ans, n'a pas choisi La Rochelle par hasard. Ici, il se sent bien. « Depuis 10 ans, j'entretiens une relation très étroite avec la Coursive. J'y ai présenté plusieurs créations, dont la première, « Prière pour un fou », en 1999, pièce chorégraphique et musicale autour de la question du drame algérien. A 34 ans, je me sentais prêt à postuler à une telle fonction. La Rochelle est une ville ouverte sur le monde par son port, son histoire... Le Hip-Hop n'est plus seulement une culture urbaine. C'est une danse qui résonne de partout ». Et qui s'inspire de tout, de tous, avec toujours les sentiments en filigrane : des souvenirs d'enfance, des choses enfouies en nous, des mots, des maux... Savoir entendre, s'entendre, s'étendre, comme dans sa dernière création « Petites histoires.com ». Kader Attou ou l'humanité dansante.
Article de Virginie Richard, extrait du journal municipal n°75
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A 34 ans, je me sentais prêt à postuler à une telle fonction. La Rochelle est une ville ouverte sur le monde par son port, son histoire... Le Hip-Hop n'est plus seulement une culture urbaine. C'est une danse qui résonne de partout.